42.2, visite marathonienne

Le 1er marathon – On se souvient souvent qu’on partait de zéro. Et ce zéro, il est pas si loin dans le passé. On partait de zéro et en plus on se pensait pas capable, pour beaucoup, d’accomplir un tel objectif un jour, un 42,2 km. C’est en franchissant quelques autres lignes d’arrivée qu’on prend peu à peu confiance et conscience de nos capacités. 5, 10, 21,1 km,…

 

Les « On dit »

On s’en fait dire des affaires ! « Le 1er marathon est le plus dur ! », « Reste concentrée, surtout à partir du 30ème km », et ça frôle le « N’espère pas terminer en moins de 5h », « Le plus dur, c’est l’entraînement ». La dernière phrase est la plus vraie. Véridique. Pas tant dans l’intensité puisque dès qu’une sortie, un entraînement est terminé, on est heureux de l’avancement. Les jours plus difficiles, ça arrive, mais on devrait parfois se contenter et se souvenir à quel point on est bon de seulement avoir osé faire le premier pas, être sorti (quand tout le monde fait la marmotte), on est bons d’avoir réussi à trouver ces 30 minutes de rab’ dans notre journée à consacrer à la course. Les commentaires moins positifs sont tout aussi bons ! Ils nous préparent au pire, alors il ne tient qu’à nous de transformer l’expérience ! Essayez ! 😉

 

Le jour J

Le dernier mois, et les deux dernières semaines passent très vite, et le stress ou track se fait sentir. C’est le moment où il faut profiter de nos élans de confiance, les renforcer. Ne pas, au contraire, céder au doute, par exemple en comparant notre plan d’entraînement à celui des autres, c’est déjà joué ! On a plus rien à perdre, seulement des kilomètres à ajouter au compteur et des honneurs d’avoir parcouru ce chemin. Y aller, démarrer, comme les autres sorties, en profiter, gérer son effort, en tirer le meilleur parti,… Et sourire !

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dossard

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Ottawa

Le parcours est MA-GNI-FI-QUE ! Une belle boucle, on ne passe pas 2 fois au même endroit (que de très rares fois, pour boucler une boucle, tiens !). Regardez plutôt : mappe. La majorité du circuit est au bord de l’eau (Canal Rideau, Dow’s Lake, Ottawa River et un peu de la rivière Rideau) et de l’eau on s’en fait servir à tous les 3 km !

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Si on veut se repérer un peu, pas besoin de retourner à l’Expo :-p il n’y a qu’à regarder les coureurs devant soi portant le chandail officiel, la mappe est imprimée dans le dos ! :-)

Les premiers kilomètres filent sans même qu’on s’en rende compte. Passé les 2 premiers, on est encore frais, voire juste échauffés, c’est le moment de se dire… qu’on est passés en-dessous de la barre des 40 km restants ! Ça peut paraître décourageant, mais ça ne l’est pas. Justement parce qu’on est tout juste échauffés, le parcours est encore jeune, beau et magnifié d’être couru. Il est temps de se mettre à compter les kilomètres à l’envers !

 

Dans le vif – Pur bonheur

Pour certains, il est question d’efforts et de souffrance. Il est aussi question de médaille et de ligne d’arrivée. Pour d’autres, c’est le voyage. C’est mon cas, et je suis toute dans ma tête. Je profite de l’instant présent, de ce bonheur que mes jambes courantes font circuler dans tous mon corps et qui active un sourire presque permanent. Un état de méditation profonde. Le décompte fonctionne à merveille. Arrivée à la moitié, c’est bien mais il faut veiller à ne pas céder au penchant négatif du « il reste la moitié », continuer le décompte (à l’envers donc) et se garder dans le moment présent, on y est si bien. :-)

Vient ensuite, notre distance record, celle faite en sortie longue 3 à 4 semaines plus tôt. Pour moi, c’était (seulement 26 km). Oh que c’est stimulant de dépasser ce record ! Toujours en se ramenant au moment présent, nos sensations avant tout, tout juste ce qu’il faut pour un bon mélange de positivisme. Quelques kilomètres plus tard, le genou droit commence à grincer. Je le sais, mon genou n’aime pas ça répéter encore et encore le même mouvement. Quelques mouvements différents font donc vite dérouiller l’articulation, ouf ! Alors on prend ou reprend confiance. Je suis bien. Ce n’est pas le 30ème kilomètre qu’on attaque. Non, ce sont les 12 derniers kilomètres ! Rien que l’on ait jamais fait en somme ! Je vais bien. Je vais bien et je regarde autour de moi. Je suis avec le lapin de 4h15 en continu. Gatineau, c’était pas mal beau, les bords de l’eau, nous voilà maintenant dans un grand parc plein de verdure (Rockcliffe Park) !

 

Déjà la fin :-)

Kilomètre 36, je vais bien. Il reste 6 km ! On a jamais été si près de courir autant ! :-) Au ravitaillement du km 38 environ, un coureur accroupi, en train, il semblerait, de se ressourcer un peu, me donne cette mauvaise idée d’en faire de même le temps de boire tranquillement mon eau. Erreur. Mes jambes sont en béton. Je ne parviens pas à descendre complètement mais le peu descendu… Dommage, je n’avais pas senti avant à quel point mes jambes forçaient :-) C’est à la marche-course à un tout petit rythme que je poursuis pour les 4 derniers kilomètres. 4 kilomètres ! Je perds mon lapin de vue. Tant pis, ce n’était même pas mon objectif au départ. Mais j’avoue qu’à le suivre pendant si longtemps, je m’étais accroché à l’idée, comme un objectif en cours de course. L’arrivée au bord du canal et les 2 kilomètres restants en « aller-retour » le long du canal viennent titiller le mental en plus des jambes de béton. En vrai, en arrivant au bord du canal, l’arrivée est à 30 mètres ! Il suffirait de traverser le pont, ou à la nage ! Concentration. On se remet dans sa tête et dans son corps, on hésite pas à mettre LA toune, LE tube qui nous motive, pour moi, c’est celle-là, de Petit Biscuit – magique ! – et on se laisse porter par tous les copains coureurs qui en sont plus ou moins au même point, souvent pire. On se laisse porter par les encouragements, tellement présents depuis le début du parcours mais intensifiés par l’effet « arrivée ». Là voilà. Je l’ai fait. Je vais très bien. 4h18min30sec (Je ne le sais pas encore) à me supporter :-)

Bien que la ligne d’arrivée et la médaille représentent à elles deux moins d’importance à mes yeux que le parcours qui vaut vraiment la visite, je reçois ma médaille par une bénévole qui me félicite, et par mon prénom ! Comme si elle était honorée, autant que moi d’avoir tant aimé courir tant de temps. Oui, c’est la petite cerise sur le Sunday :-)

 

Même si les 4 derniers kilomètres n’ont pas été faciles, ils sont restés autrement plaisants et je ne crois pas encore savoir à quoi ressemble le fameux mur. Cependant, note à moi-même, je le saurai pour le prochain : « Tant que tu te supportes, restes debout ». Et comme le disait un des nombreux messages qui ont aussi participé au sourire : « Keep calm and marath on. »

 

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