Les femmes de Montréal

En ce 8 mars, journée Internationale des droits des femmes, on s’est dit que ce serait sympa de parler de femmes qui ont compté dans l’histoire de Montréal. Il y en a plein évidemment, et en voici 3 pour commencer.

Jeanne Mance, la fondatrice

Statue de Jeanne Mance faisant partie du Monument à Sir De Maisonneuve, Place d’Armes

Difficile de parler de l’histoire de Montréal sans penser à Jeanne Mance… et pourtant, celle qui trouva le financement et les appuis pour la fondation d’un hôpital en Nouvelle-France et assura la survie de la colonie ne sera reconnue co-fondatrice de Montréal que le 17 mai… 2012 !

Jeanne Mance est née à Langres (dans le Nord-Est de la France) en 1606. Alors que petite fille on lui prédit une santé fragile, elle devient soignante et va dédier sa vie aux autres dans les conditions les plus rudes.  
Au printemps 1641, la société Notre-Dame de Montréal se constitue afin d’aller fonder une colonie à Montréal et de « convertir et sédentariser » les amérindiens. L’assemblée sera dirigée par Paul de Chomedey de Maisonneuve mais il leur manque « une fille ou femme de vertu assez héroïque et de résolution assez mâle pour venir dans ce pays prendre le soin de toutes les denrées et marchandises nécessaires à la subsistance de ce monde et pour servir en même temps d’hospitalière aux malades ou blessés. » en somme une femme de tête, cheffe de la colonie, qui s’assurera de la santé et de la sécurité de tous. Dès son arrivée à Montréal, Jeanne Mance fondera l’Hôtel-Dieu de Montréal et assurera avec zèle ses fonctions de soins de la colonie et de recrutement de nouveaux colons. Elle meurt le 18 juin 1673, lègue son cœur aux Montréalais et elle demande aux sœurs Hospitalières de prendre soin de son corps.

À visiter : Le musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu

Mademoiselle Barber, La relance des maisons d’accueil

Fille d’un professeur de l’université McGill, Mlle Barber fut très active au XIXe siècle à Montréal dans le secours porté aux femmes dites « déviantes ». En 1866, elle ouvre une première maison d’accueil qui aura, au départ, pour vocation d’accueillir les domestiques femmes durant leur jour de repos, afin qu’elles ne soient pas à la rue, ni tentées de boire et qu’elles reçoivent une éducation religieuse et des cours de couture. (C’est vrai que c’est plus utile que de boire des bières…)

En 1887, s’ouvre à Montréal un bureau du Women’s Christian Temperance Union. Il est initialement dirigé par Emma Barber. Ainsi, plutôt que de placer les prostituées en prison, les tribunaux préféraient les placer à la maison d’accueil des femmes et tenter de les réhabiliter en les astreignant à un régime de prières, de travaux domestiques et une vie quasi ascétique. 

Sous la direction efficace de Mlle Barber, la maison d’accueil prospéra. En 1891, on acheta une maison rue Saint-Urbain et, en 1897, la société fut incorporée et son comité de direction fut composé d’hommes membres de l’ancien comité et des nouvelles directrices, dont Mlle Barber. La maison d’accueil a existé jusqu’au début des années 1950 en changeant de vocation pour devenir un accueil d’urgence. Sa politique était « La porte ouverte a toute race, couleur et croyance » (Traduction libre). En 1966, après 64 années, cette maison a recueilli près de 16000 personnes.

Idola St-Jean, Militante féministe et suffragette d’actions (1880 – 1945)

Née à Montréal, dans une famille bien établie, bourgeoise et aisée,  elle fait figure de pionnière. Première femme québécoise à se porter candidate pour une élection fédérale, elle passera également 20 ans de sa vie dans la lutte pour l’obtention du droit de vote des femmes. (Et divulgâcheur, elle va y arriver)

Journaliste, militante et féministe, elle enseigne également au département d’études françaises de l’Université McGill et donne de son temps comme bénévole auprès de jeunes délinquants.

En 1927, elle relance le débat sur le suffrage des femmes en fondant l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec.
Ayant suivi des cours de théâtre et de diction dans sa jeunesse, c’est une excellente oratrice, qui s’exprimera devant de nombreux auditoires : journaux, émissions radiophoniques, marches, rassemblement, etc… Elle est partout où elle peut pour véhiculer sa cause : La justice sociale et l’égalité des sexes puis à partir de 1935 pour les mouvements pacifistes.
En 1931, son combat contre les inégalités et la discrimination systémiques envers les femmes permettent d’obtenir l’amendement du Code civil du Québec qui leur donne le droit de gérer librement leurs avoirs, fait passer l’âge légal du mariage de 12 à 14 ans pour les filles et reconnaît les femmes comme témoins lors de la ratification d’un testament notarié.

Celle qu’on dit inlassable, présentera sa demande de droit au suffrage des femmes à Québec, année après année, en collaboration avec les militantes de la Ligue des droits de la femme, présidée par Thérèse Casgrain. Jusqu’à obtenir gain de cause, le 25 avril 1940 (sauf pour les femmes autochtones, il faudra attendre 1969).

Elle exerce son droit de vote pour la première fois en 1944, peu avant de décéder le 6 avril 1945, à l’âge de 65 ans.

En 2015, la Ville de Montréal la désigne Bâtisseuse de la Cité.

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